14.04.2006
A tous
de joyeuses fêtes de Pâques
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L’épée de l’Esprit qui est la Parole de Dieu
Et voici l’arme redoutable du chrétien. Cette arme peut blesser, tuer l’autre. Contre qui devons-nous donc l’utiliser ? Contre ceux qui nous font du tort ? Certes pas. Ecoutons Paul : « Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. Car nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. » Nous voilà donc prévenus. Et le meilleur exemple est certainement le récit des tentations de Jésus. Il résiste aux assauts du diable en mentionnant la Parole de Dieu : « L’homme ne vivra pas de pain seulement mais de toute parole sortie de la bouche de Dieu ». L’évangéliste Jean dit clairement que Jésus est la Parole de Dieu faite chair. La Bible est souvent considérée comme Parole de Dieu. Elle ne l’est que dans la mesure où nous en faisons la lecture dans l’Esprit de Dieu. Une lecture « à la lettre » peut même nous détruire. La lecture en Esprit vivifie, rend vivant, nous fait participer à l’Etre de Dieu. A nous de discerner dans la Bible le message que Dieu nous adresse. Seul celui-ci est l’épée flamboyante de Dieu.
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04.03.2006
Le casque du salut
Le casque protège la tête, le siège de notre esprit. Dieu s’adresse à notre cœur, mais aussi à notre esprit. D’ailleurs, le cœur, dans l’Ancien Testament est le siège de l’intelligence morale, du choix entre le bien et le mal.
Certains accusent les chrétiens de discréditer le langage scientifique, de ne pas être raisonnables. Qu’en est-il pour chacun de nous ? Notre intelligence ne vient-elle pas de Dieu ?
Qu’attendons-nous comme salut ? La Bible évoque divers saluts : la libération de l’esclavage, la libération du péché, la libération de la souffrance, …
Attendons-nous un salut pour le temps présent, pour la vie future ?
De qui attendons-nous le salut ?
Dieu n’agit jamais seul. Il envoie un homme pour sauver les hommes : Noé, Joseph en Egypte, Moïse, les juges, etc. Et nous, Dieu peut-il nous utiliser dans un plan de salut, un moyen de sauvetage ?
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25.02.2006
Le bouclier de la foi
Psaume de David (28).
Éternel! C'est à toi que je crie.
Mon rocher! Ne reste pas sourd à ma voix,
De peur que, si tu t'éloignes sans me répondre,
Je ne sois semblable à ceux qui descendent dans la fosse.
Écoute la voix de mes supplications, quand je crie à toi,
Quand j'élève mes mains vers ton sanctuaire.
(…)
Béni soit l'Éternel! Car il exauce la voix de mes supplications.
L'Éternel est ma force et mon bouclier;
En lui mon coeur se confie, et je suis secouru;
J'ai de l'allégresse dans le coeur,
Et je le loue par mes chants.
L'Éternel est la force de son peuple,
Il est le rocher des délivrances de son oint.
Sauve ton peuple et bénis ton héritage!
Sois leur berger et leur soutien pour toujours!
D’autres psaumes évoquent également le bouclier qui protège des traits enflammés de l’adversaire : Psaumes ¾, 7/11, 18/3, 31, 36.
Dans les Evangiles, des hommes et des femmes viennent demander de l’aide à Jésus pour un ami ou un des leurs qui est dans la souffrance. A chaque fois, Jésus constate avec émotion leur très grande foi. Puissent-ils être des exemples pour nous !
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14.02.2006
Les pieds chaussés de zèle pour annoncer l’évangile de paix
Comment ne pas évoquer Paul pour parler du zèle ? Zélé d’abord dans l’exercice de la loi de Dieu au point de poursuivre ceux qui avaient choisi une autre voie que la sienne puis zélé à annoncer l’évangile du salut en Jésus-Christ, Paul emprunta de nombreuses routes d’Asie Mineure, de Grèce. Il marcha, il courut comme un marathonien, mais un marathonien fier de la nouvelle qu’il apportait. L’évangile de Paul est une parole de paix, de réconciliation entre les juifs et les non-juifs, les hommes et les femmes, les hommes libres et les esclaves.
A certaines époques, l’Eglise a été zélée inconsidérément, pourchassant des hérétiques qui ne savaient même pas quel était leur crime, pourfendant le péché qu’elle voyait partout. Au 20e siècle, l’œcuménisme a rapproché les chrétiens entre eux. Mais l’indifférence a aussi pris le dessus. Les chrétiens ne veulent être accusés de prosélytisme. Où est passé le zèle des chrétiens ? Agissons-nous encore pour rapprocher les hommes ? Que faisons-nous au cœur même de nos villes, de nos banlieues dans ce but ?
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07.02.2006
Le corps cuirassé de justice
David voulait combattre Goliath. Saül le revêtit de sa cuirasse mais elle gênait plus ses mouvements qu’elle ne le protégeait efficacement. Il préféra alors aller simplement au combat, en se plaçant sous la protection de Dieu. D’ailleurs, qui gagne les combats, sinon Dieu ?
Mais la suite de l’histoire de David nous révèle une grande injustice de sa part : il fit tuer Urie pour cacher ses frasques avec l’épouse de celui-ci. David ne profita pas de son acte injuste (relire 2 Samuel 11-12). David avait endossé une « mauvaise couverture » ce jour-là.
Urie ne méritait pas ce sort. Il s’était mis, bien qu’étranger, au service du roi. Mais de quel roi ? Le vrai roi d’Israël n’était pas David mais Dieu. Les combats auxquels David engageait son armée n’avaient qu’une valeur terrestre. Bien plus tard, le service de Dieu n’a pas sauvé des persécutions des évêques des premiers siècles chrétiens. Et maintenant encore, des chrétiens, responsables ou non de communautés, subissent des injures et des violences de la part d’autres groupes religieux. La cuirasse dont Dieu nous revêt ne nous garantit pas une victoire ici sur terre. Mais Dieu nous justifie et nous pouvons espérer au-delà de notre mort.
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22.01.2006
Les reins ceinturés de vérité
Jean-Baptiste avait une ceinture de cuir autour des reins. Il recherchait la simplicité dans une vie rude au désert. Il fustigeait ses visiteurs « engeance de vipères ». Il aimait ce qui était vrai, authentique. Il espérait une vraie repentance de la part de ses auditeurs mais il ne pouvait en avoir l’assurance. Certains n’étaient que des curieux…
Jean baptisait d’eau. Le baptême d’esprit n’est pas entre ses mains. Seul Dieu baptise d’Esprit car il voit les cœurs, connaît l’authenticité de nos actes.
Nous venons d’évoquer l’honnêteté envers soi, l’authenticité de nos actes. Mais qu’est-ce que la vérité venant de Dieu ? « Amen, amen, je vous le dis », répétait Jésus : ses paroles trouvent leur fondement en Dieu, la Vérité. C’est un ancrage stable, auquel on peut se fier. Elles ne changent pas.
Nos reins sont-ils solidifiés par la vérité de Dieu ?
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20.01.2006
L’armure du chrétien
A plusieurs reprises, Paul a été jeté en prison. L’occasion lui a été donnée d’observer la tenue des soldats romains. Et cela lui a donné l’idée de créer « l’armure spirituelle » du chrétien (Ephésiens 6). Constituée de vérité, justice, zèle, foi et salut, elle protège efficacement celui qui la revêt contre l’ennemi. Seule arme offensive qui permet de repousser les assauts de l’ennemi, quitte à le tuer : « l’épée de l’Esprit qui est la Parole de Dieu. »
Le chrétien peut en effet se trouver en mauvaise posture. Il n’est pas protégé magiquement par une sorte de filet tendu par Dieu au-dessus de lui, une sorte de champ magnétique comme dans les récits de science-fiction. Le chrétien dispose d’une panoplie de vertus divines : vérité, justice, zèle, foi et salut sont avant tout des attributs divins. Nous les possédons en nous en tant qu’enfants de Dieu. Ils sont mis à notre disposition, mais pensons-nous à les utiliser ? Il est si facile de crier « help, au secours » et d’attendre tout de Dieu. Face à l’adversité, ne cherchons-nous pas d’autres solutions :
Ne conçoit-on pas la possibilité de mentir en cas de danger ?
Sommes-nous toujours justes dans nos rancunes, nos récriminations ? Ne nous retranchons-nous pas souvent derrière notre bon droit?
N’attendons-nous pas que les choses se résolvent d’elles-mêmes ?
Et notre fidélité, parlons-en : sommes-nous fidèles, ne fût-ce qu’à notre parole ?
Quelle planche de salut saisissons-nous ?
Réfléchissons.
Dans quelle mesure, nos grands principes moraux résistent-ils face aux difficultés de la vie ?
Vérité, justice, zèle, foi et salut trouvent-ils à nos yeux vraiment leur source en Dieu?
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31.12.2005
Tournant d’année – bilan et résolutions
La fin de l’année est un moment propice pour faire un bilan des satisfactions et insatisfactions rencontrées. Malachie nous pose la question : « qu’avons-nous gagné à observer son commandement ? » (Malachie 3/14). Avons-nous suivi les commandements de Dieu ? Dans quel état d’esprit ? Sommes-nous désabusé comme les contemporains du prophète qui voyaient prospérer les arrogants et se demandaient où était la justice de Dieu ? Il est temps de répondre honnêtement à cette question avant d’aborder l’année nouvelle. L’année nouvelle est toujours propice à de nouveaux engagements, de nouvelles résolutions. Quelles résolutions avons-nous envie de prendre cette année ? Les tiendrons-nous jusqu’au bout ? Il faudra sans doute prier à un moment donné pour trouver le courage de dépasser le temps de l’épreuve. Alors, l’épreuve, la souffrance cèdent le pas à la joie, au doux bonheur, à la plénitude de paix. Peut-être les avez-vous rencontrés au cours de cette année qui finit. Alors vous abordez certainement 2006 dans la sérénité, un cœur calme et paisible « c’est dans le calme et la confiance que sera votre force. »
Les anges annoncèrent aux bergers : « paix sur la terre parmi les hommes qu’il agrée » (Luc 2/14). C’est ce que je souhaite pour 2006.
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Fêtes de fin d’année – 2
Pas joyeux donc pour cette fin d’année ? On côtoye pas mal de râleurs tout au long de l’année et même pendant la période des fêtes. Faut-il trouver les raisons de ces mauvaises humeurs dans une attente psychologique trop intense, comme en parle Robert Neuburger dans le post précédent ? Peut-être. Mais je n’ai pas l’intention de vous parler de toutes les insatisfactions de la vie, rassurez-vous. En matière psychologique, je me permettrai de nous renvoyer tous (moi y compris, car j’ai aussi mes moments de « rouspétance caractérisée ») à Jacques Salomé : parfois nous entretenons l’illusion de la toute puissance infantile. Nous voulons avoir tout et tout de suite, tout et de la manière que nous souhaitons, tout et… Notre vie moderne stressée nous encourage dans cette voie. Un seul remède pour Jacques Salomé : identifier le problème pour ensuite y mettre bonne fin.
L’illusion de la toute puissance infantile, nous l’entretenons parfois au point de vue religieux : pourquoi Dieu n’a-t-il donc pas exaucé ma prière, que je considère évidemment comme bonne ? Vouloir un Dieu qui réponde à notre demande, au doigt et à l’œil, voilà LA tentation. Dieu est peut-être tout puissant mais il n’est pas pendu à nos guêtres pour faire notre volonté – nos caprices. Jésus priait à Gethsémané : non pas ma volonté mais la tienne. Et il s’agissait pour lui d’un moment grave de son existence : pouvait-il échapper à l’arrestation et à la mort ? Accepter les conséquences de son ministère, les assumer jusqu’au bout n’avait rien de facile. Comme nous, il fut tenté. Jusqu’où allait tenir son engagement envers Dieu, envers sa propre conscience ?
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Fêtes de fin d’année - 1
« Pour le psychanalyste Robert Neuburger, les souffrances individuelles proviennent du retour en arrière auquel invite Noël. « Cette fête encourage la réminiscence de l’enfance, propice à la nostalgie, à l’évocation du temps, par exemple, où l’on croyait au Père Noël, explique-t-il. Nous avons tous l’espoir que notre vie va s’améliorer. Or, il n’y a pas de justice dans la vie. De là surgissent les moments de tristesse. » Se souvenir des parents tels qu’ils étaient, revoir par la pensée les moments délicieux qui ne sont plus, voilà qui peut se révéler d’autant plus cruel à ceux qui vivent seuls. Mais la promiscuité de la famille peut poser, comme on l’a dit, bien des difficultés. « Chaque fois que l’on organise une fête familiale, on prend le risque de la souffrance, souligne Robert Neuburger, parce que le décalage est grand entre l’attente, l’idéal espéré et la réalité de la soirée. Cela crée les conditions d’une déception collective, qui peut déchaîner les passions. » Aux angoisses que Noël suscite, peu de remèdes. « La psychanalyse n’est pas un moment de consolation, mais de confrontation, rappelle Robert Neuburger. On ne peut pas leurrer les gens sur la nature des sentiments. C’est donc à la collectivité de prendre en charge la douleur de ses sujets. »
La solidarité, meilleur outil contre la souffrance de Noël ? Une idée neuve, un cadeau que l’on peut s’offrir chaque année. »
Repris du journal Réforme 22/12/05
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24.12.2005
Martin
Toutes les fois que tu fais ces choses à l’un d’entre eux,
c’est à moi que tu les fais.
Martin est cordonnier, un vieux cordonnier. Il vit seul. Sa femme l’a quitté depuis plus de vingt ans. Son fils est parti en mer il y a dix ans. Il a aussi une fille mais il n’en parle jamais.
Depuis quelque temps, il ne fréquente plus le café. Il fréquente les « Conférences ». Il s’est mis à la lecture : un gros livre. Il a l’air plus heureux. Son travail est aussi bien fait qu’avant.
Tous les soirs, Martin s’installe à table, prend son repas. Il repousse son assiette sur le côté et il ouvre son gros livre ; ce soir-là, Martin lit :
« Tous allaient se faire inscrire dans sa ville. Joseph monta de la Galilée pour se rendre dans la ville de David, afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. Pendant qu'ils étaient là, Marie enfanta son premier-né. Elle l'emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie. »
Pas de place pour lui ! Mais ici il y a de la place. Ici, il peut venir. Si c’était cette nuit-là le premier Noël… il peut venir ici. Martin a même un cadeau : une paire de petits souliers. Elle est prête, dans le fond de l’échoppe. C’est le plus bel ouvrage de Martin.
- Martin, Martin.
Martin entend mais ne voit rien.
- Martin, tu souhaites me voir. Demain, je passerai devant ton échoppe. Je passerai … incognito.
Il se fait tard. Martin éteint la lumière et se met au lit.
Tôt le matin, Martin est debout. Il rallume le feu, prépare du café. Il installe son grand fauteuil près de la fenêtre. Il colle son front à la vitre. Il attend son Maître. Martin attend longtemps parce qu’il s’est levé très tôt.
Dans la rue, le premier homme qui passe, c’est le balayeur. Il se frotte les bras, il martèle le sol avec ses pieds. Martin l’invite :
- viens te réchauffer, prends une tasse de café.
Le balayeur entre, s’installe, boit son café … lentement.
Martin regagne son grand fauteuil, près de la fenêtre. Il colle son front à la vitre.
- Oh là bonhomme, qu’est-ce qui t’arrive ?
Martin lui raconte sa nuit. Le balayeur a déjà entendu parler de Jésus. Il emprunte à Martin quelques pages du gros livre et il s’en va.
Pendant ce temps, le Maître n’est pas venu. Martin reprend son attente, dans son grand fauteuil, près de la fenêtre. Il colle son front à la vitre.
Dans la rue, une jeune femme presse le pas. Elle porte un enfant dans les bras. Martin ne la connaît pas. Elle n’est pas du quartier. Martin connaît tous les gens du quartier. Non, celle-là, il ne la connaît pas.
Martin l’appelle :
- viens te réchauffer. J’ai un bon feu, du lait pour l’enfant. Entre, n’aie pas peur. « Ici, c’est la maison du Bon Dieu ».
La femme entre. Elle s’assied. Elle est malade. Martin lui donne du lait, un quignon de pain. Elle boit le lait … lentement. Martin prend l’enfant dans ses bras.
- Mais il n’a pas de souliers !!!
Martin prend la paire de petits souliers, toute prête, dans le fond de l’échoppe. Son plus bel ouvrage.
La femme proteste, accepte, remercie et reprend son chemin, l’enfant dans ses bras.
Pendant ce temps, le Maître n’est pas venu. Martin reprend son attente, dans son grand fauteuil, près de la fenêtre. Il colle son front à la vitre.
Dans la rue, passe un jeune prêtre. Beau comme le Christ. Il passe devant l’échoppe de Martin. Martin l’entend réciter mea culpa, mea culpa. Ce n’est pas lui. Ca ne peut pas être lui. Jésus ne peut pas réciter le mea culpa.
Dans la rue, passent les voisins. Martin leur offre ses vœux pour Noël. Aux enfants, il offre un sourire, un signe de la main.
Martin reprend son attente, dans son grand fauteuil, près de la fenêtre. Il colle son front à la vitre.
Dans la rue, passent des jeunes, des vieux, des gens endimanchés et des gens simples. Martin les voit tous mais eux ne le regardent pas. Ils ne font pas attention à Martin. Martin qui colle son front à la vitre.
Des mendiants passent. Ils voient Martin, ils le regardent.
- Certainement, c’est un brave homme. Il a bien une petite pièce pour nous.
Martin est un brave homme, il donne à chacun une petite pièce.
Pendant ce temps, le Maître n’est pas venu. Martin reprend son attente, dans son grand fauteuil, près de la fenêtre. Il colle son front à la vitre.
Dans la rue, le soir tombe. Martin attend toujours, dans son grand fauteuil, près de la fenêtre. Il colle son front à la vitre.
Maintenant, il fait nuit noire. Le Maître n’est pas venu… Martin s’approche du feu, ranime la flamme, prépare son repas. Il est un peu plus voûté que d’habitude. Il s’installe à table, prend son repas. Il repousse son assiette sur le côté et il ouvre son gros livre. Il est ouvert à la page du jugement dernier (Matthieu, chapitre 25).
Martin voudrait bien lire dans le gros livre mais il ne peut pas. Les lettres dansent devant lui, comme dans une grande flamme. Le Maître n’est pas venu.
Mais tout d’un coup, une grande lumière envahit l’échoppe de Martin. Il y a là le balayeur de rues qui dit « je suis venu »,
la jeune femme avec l’enfant dans les bras, qui dit « je suis venu »,
les mendiants qui disent « je suis venu »,
les voisins … « je suis venu »,
les enfants … « je suis venu ».
Tous, ils sont tous là.
Martin ne comprend pas.
La jeune femme avec l’enfant dans les bras, s’approche du grand livre de Martin. L’enfant lit :
« Venez, vous qui êtes bénis de mon Père;
prenez possession du royaume. Il est prêt pour vous, depuis la fondation du monde.
J'ai eu faim, vous m'avez donné à manger;
j'ai eu soif, vous m'avez donné à boire;
j'étais étranger, vous m'avez recueilli;
j'étais nu, vous m'avez vêtu;
j'étais malade, vous m'avez visité;
j'étais en prison, vous êtes venus vers moi.
Les justes disent:
Seigneur, quand as-tu eu faim et t'avons-nous donné à manger;
Quand as-tu eu soif et t'avons-nous donné à boire?
Quand as-tu été un étranger et t'avons-nous recueilli;
Quand as-tu été nu et t'avons-nous vêtu?
Quand as-tu été malade ou en prison et sommes-nous allés vers toi?
Et le Maître répond à Martin:
Toutes les fois que tu fais ces choses à l’un d’entre eux,
c’est à moi que tu les fais.
13:59 Écrit par Tour de Babel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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18.12.2005
Le « je » de Dieu
Revenons à notre écoute de Dieu : son nom est « Je suis » (cfr. L’épisode du buisson ardent, Exode 3). Quand il nous parle, il dit « je ». L’entendons-nous ? Avons-nous de la peine à entendre ce « je » ? Sinon tout de temps, du moins, je pense que nous ne sommes pas toujours disposés, disponibles pour l’entendre.
Le « je » ouvre le chemin du ressenti, des émotions bien ou mal vécues qui ont laissé des traces quelque part dans notre cerveau et qui sont prêtes à se manifester à la première occasion venue sans crier gare. Le monde dans lequel nous vivons ne favorise pas toujours l’éclosion d’un vrai « je ». On le garde quelquefois bien tapi dans notre cœur. Et même dans la relation amoureuse, on passe plus souvent au « nous » qu’à deux « je » juxtaposés, que je considère plus appropriés. Dans le dialogue avec Dieu, deux « je » sont aussi présents, juxtaposés, dans une relation d’amour. A la limite, ils peuvent parfois être en opposition comme dans un couple qui se dispute, qui cherche un ajustement entre leurs deux « je ».
Entendons-nous les « je » des personnes qui nous entourent ? Entendons-nous les « je » de nos conjoints, amis ?
Est-ce que les parents entendent les « je » de leurs enfants, de leurs adolescents ? Les accueillent-ils avec disponibilité ? Leurs « je » ne sont-ils pas devenus des revendications, des récriminations parce que les premiers « je » n’ont pas été entendus, que les premiers « je » sont difficiles à émettre et qu’il faut les encourager ?
Est-ce que les « je » des autres ne nous dérange pas dans nos petites vies ?
Et moi, est-ce que je parle en « je » ?
10:59 Écrit par Tour de Babel | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
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à la rencontre de la personne
Si les règles de l’atelier étaient respectées, il était possible de découvrir que l’un proposait tel sujet parce que dans sa famille, cette question avait un sens particulier, que l’autre proposait tel thème parce qu’un ami était confronté à telle situation et que cela avait entraîné toute sa famille dans des choix « cornéliens »… En fait, par-delà les idées qui réclament une attitude cartésienne, on a découvert des personnes avec leur ressenti, leur fragilité. Et cela fait peur. Faut-il recommencer cette expérience ou revenir à une forme plus traditionnelle de débat ?
Mais quelle est la qualité de l’écoute de l’autre dans un débat ?
Je ne pense pas que le problème soulevé soit dû uniquement à la jeunesse des participants. Je pense que beaucoup d’adultes n’osent pas montrer leur personne réelle. Elle se cache quelque part, au profond d’eux-mêmes. Elle disparaît ou risque de disparaître derrière toutes les sollicitations de la vie moderne, derrière une façade dont le but est de nous protéger dans un monde où il n’est pas toujours bien vu de montrer sa fragilité. Pour la découvrir, certains s’ouvrent à la méditation. Certains la découvrent après une période de crise, de dépression, de remise en question.
En parler aux autres n’est pas aisé. Les blogs permettent souvent cette communication. Communication, que certaines critiquent comme « virtuelle » mais que je définirais comme « pleine de virtualité, de possibles, de portes qui s’ouvrent ».
10:58 Écrit par Tour de Babel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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De l’affrontement des idées
Voltaire vivait à une époque où la torture était couramment utilisée pour obtenir des aveux. La tolérance existait dans certains pays, comme les Provinces-Unies. La Prusse, l’Autriche de Joseph II donnèrent aussi des édits de tolérance religieuse concernant les juifs et les protestants. La France mit long temps avant de passer aussi à la tolérance. Voltaire préconisait de combattre les hommes non avec des armes mais avec des idées : l’arme de la parole intellectuelle.
Dans l’atelier philosophique, les jeunes avaient envie de combattre l’idée à peine émise par le copain (au niveau de l’écrit, tout tenait en une ou deux lignes) plutôt que d’aider à développer l’idée de base. Ils se situaient dans la démarche de Voltaire : une opposition.
10:58 Écrit par Tour de Babel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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Une expérience d’écoute
L’atelier philosophique est à la mode, même dans les établissements scolaires. Une personne exprime une idée, les autres interviennent non pour la contrer mais pour l’aider à accoucher de cette idée : « qu’est-ce qui te fait dire cela ? N’y a-t-il pas contradiction entre ces deux parties de ton discours ? » Etc.
Pas facile à pratiquer.
Première difficulté rencontrée : apprendre à poser des questions.
Deuxième difficulté rencontrée : l’envie de donner son point de vue personnel en opposition : « je ne suis pas d’accord ».
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Ecouter
Ecouter, entendre. Dieu appelle son peuple : « Ecoute, Israël » est le début de la prière que tout juif pieux récite trois fois par jour. Il attend, il suscite notre écoute.
Ecouter les autres n’est pas plus facile qu’écouter Dieu. D’ailleurs il ne faut pas se tromper : comment pourrions-nous écouter un Dieu invisible si nous ne sommes pas capables d’écouter les autres qui nous entourent ? Jacques Salomé a écrit Pour ne plus vivre sur la planète Taire, une sorte de mode d’emploi de la méthode ESPERE qu’il a créée pour une « hygiène relationnelle ». Il débusque bon nombre de pièges qui empoisonnent, qui sapent la communication humaine, que ce soit dans les familles ou au travail. Je vous en recommande la lecture. C’est un ouvrage assez théorique. Jacques Salomé a aussi écrit des romans pour parler de sa méthode, vous préférerez peut-être cette formule.
Au verbe « écouter », il préfère « entendre » : « j’ai bien entendu tes paroles ».
« Entendre » permet-il de passer à « l’entente » ?
10:56 Écrit par Tour de Babel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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Un long silence
Et pourtant beaucoup de visites… Un échange sans paroles. C’est bien ce que j’aime : les mots souvent nous trahissent, la communication est difficile. Alors il vaut parfois mieux se taire.
Il y a un temps pour parler et un temps pour faire silence.
Mais quelle qualité donner au silence ?
Aujourd’hui, la religion se vit quelquefois plus dans le privé des vies que dans la communauté. On fait silence pour entendre la voix de Dieu. Mais qu’entend-on ? S’est-on vraiment préparé à l’écoute de l’Autre ? Est-on prêt à entendre quelque chose de difficile sur nous ? Ou bien faisons-nous « restriction » ? « Surtout ne viens pas me déranger… » Comme dans une petite saynète où un roi mage égaré en route vers Bethléhem demande à Dieu : « OK Seigneur, mais ne viens pas un 25 décembre, où on est tous attablé à faire la fête. »
Se préparer à l’écoute de l’Autre peut se faire de différentes manières. A chacun de trouver la formule qui lui convient. Pour moi, c’est préparer de l’encre pour la calligraphie. Bien sûr, je bavarde avec d’autres, je pense à ceci, à cela mais les idées qui passent par l’esprit se calment peu à peu et le silence apparaît quand je commence à calligraphier. Pour d’autres, ce sera écouter un morceau musical ou …
Cette préparation ouvre en nous la disponibilité.
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15.10.2005
Un joug facile
« Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de coeur; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. » (Matthieu 11/28-30)
Jésus promet un « joug de repos », j’ai envie de dire un repos sabbatique. Point question d’esclavage ici mais de détente après la fatigue, de participation à un repos bien mérité. Le sabbat rappelle la création, la sortie du chaos et l’entrée dans un monde organisé, harmonieux où le bien domine. Le sabbat rappelle aussi la libération d’Egypte, le rétablissement vers le bien. Le dimanche rappelle la résurrection de Jésus, la victoire sur la mort, sur le mal, sur l’injustice. Il inaugure une semaine de travail effectué dans le « champ de Dieu », dans l’Eden renouvelé.
Que puis-je vous souhaiter ? Un bon repos, un heureux travail.
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La nuque d’Esaü
Esaü est le fils aîné d’Isaac et Rebécca. Son frère jumeau, Jacob, naquit juste à sa suite. Il tenait le talon d’Esaü en main, manière d’exprimer qu’il allait prendre le dessus à l’avenir. Un jour, Esaü avait chassé sans relâche le gibier. Sans succès. Rentré bredouille, fourbu, affamé, il réclame de la soupe à son frère. Une soupe de lentilles rouges, d’où son surnom d’Edom, le Rouge. Il paraît d’ailleurs qu’il était roux… Jacob la lui échange contre le droit d’aînesse. Esaü accepte. L’affaire en reste là, entre « frères ».
Bien plus tard, quand leur père Isaac se fait vieux, que sa vue s’affaiblit, il appelle son aîné, Esaü : prépare-moi un bon gibier. Après le repas, je te bénirai. Tu seras « le chef de la famille ». Esaü part à la chasse et son frère prend sa place pour voler la bénédiction à son profit.
Isaac est finaud. Même si celui qui se présente devant lui affirme être Esaü, c’est bien la voix de Jacob qu’il entend. Alors il donne une bénédiction à Jacob : sois prospère, que Dieu t’accorde la rosée des champs, domine sur tes frères. Jacob a à peine quitté son père qu’Esaü arrive. Isaac tranche la question : il ne donnera pas la bénédiction de l’aîné à Esaü mais à Jacob. A Esaü, il donne la rosée des champs et il lui annonce aussi une vie plus dure, celle en général promise au cadet : « tu vivras de ton épée ». Le « domine sur tes frères » de Jacob a un pendant pour Esaü : « tu seras asservi à ton frère mais en errant librement çà et là, tu briseras son joug de dessus ton cou » (Genèse 27/40). Promesse d’une liberté trouvée au bout de l’errance.
L’erreur, l’errance font partie de notre quotidien. Ils ont une valeur positive. Ne l’oublions pas dans les moments sombres de notre vie.
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Les hommes au cou raide
« Ils raidirent leur nuque » (Néhémie 9/16-17).
L’expression est belle pour évoquer la rébellion contre Dieu. Elle se trouve chez Néhémie, dans un discours des lévites : ils y rappellent les dons de Dieu et la révolte du peuple : « ils se donnèrent un chef pour retourner à leur esclavage. » En effet, douze espions-explorateurs ont été envoyés dans la terre de Canaan pour examiner les conditions d’installation dans le pays (Nombres 14). Mais la peur de se prendre en main s’empare du peuple.
Marcher avec Dieu implique notre liberté, notre capacité de choisir et donc notre possibilité de se tromper. Il faut assumer ses échecs dans ce cas et cela n’est guère facile. Bonne élève jadis, je n’ai pas appris à gérer des échecs. Or, dans la vie, il y a des erreurs de parcours, des recalibrages nécessaires. Quand on n’accepte pas l’échec, on se révolte, on se met dans une position de repli qui, quelquefois, nous détruit davantage. C’est l’esclavage dont nous parle la Bible : être esclave de ses propres peurs, de son manque de confiance – en soi, en Dieu, en les autres - . A ce moment-là, on est capable de tout. Le peuple est prêt à lapider Moïse et Aaron. Nous refusons l’aide véritable, celle qui peut vraiment nous soutenir, nous guider vers la bonne solution. Le cou s’enraidit. Un temps d’errance débute. A son terme, nous serons prêts à entrer dans « la terre promise » et notre cou aura retrouvé sa souplesse.
Le temps est un facteur essentiel de notre existence. Il crée une distance qui permet de relativiser certains événements, de donner toute leur richesse à d’autres moments. Il nous introduit dans une histoire avec un passé – certes bien occupé – mais il nous donne une terr en friche comme avenir. A nous de la mettre en valeur en nous libérant à notre rythme des esclavages passés.
11:37 Écrit par Tour de Babel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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16.09.2005
La route aux cent visages
Emplis tes mains de fleurs
Emplis tes nuits de rêve
La terre dans tes doigts
Est chaude comme un sein.
Sur la fraîcheur de l’herbe
Etends tes bras en croix
Frôle l’eau de la source
Au creux des roches grises.
Emplis tes yeux de ciel
Ton âme de silence
Ouvre tes lèvres pures
Aux brises bienfaisantes,
Et lave ton visage
A la pluie des matins
Retourne vers les soirs
Baignés de frais parfums.
La route aux cent visages
Attend ta marche sûre…
Irène Berditchevsky-Jadot
19:42 Écrit par Tour de Babel | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
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03.09.2005
Le royaume de Dieu est semblable…

A notre monde moderne. Les bons amènent le bien autour d’eux grâce à des inventions technologiques (médecine, …) et par des lois démocratiques (DUDH). Des hommes mauvais pervertissent des inventions, instaurent des totalitarismes, amènent la guerre, la famine, les maladies. Les bons agissent avec patience, acheminent des vivres et des médicaments dans les pays ravagés par des milices privées. Ils font de la prévention routière, ils rencontrent les jeunes pour leur éviter de tomber dans la délinquance et la dépendance de produits qui font la fortunes des autres (alcool, tabac, drogues). Ils sont attentifs à la progression du mal dans la société, cherchent de nouvelles énergies plus propres. Mais sont-ils assez attentifs ? Face aux criminels récidivistes et aux terroristes, ne sont-ils pas laxistes ? N’est-il pas temps de condamner, de prendre des mesures radicales ? Si ce temps est arrivé, alors nous devons tous prendre nos responsabilités dans l’érection d’un monde plus juste, ne pas rejeter la faute sur quelques-uns. Nous devons assumer les grandes décisions démocratiques difficiles à prendre.
Le royaume de Dieu se construit ici-bas sur la terre des hommes avec les hommes et les femmes que nous sommes.
16:46 Écrit par Tour de Babel | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
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Liez-les en bottes pour les brûler

Brûler la mauvaise herbe est normal pour un paysan. Cela augure une meilleure moisson l’année suivante. Or nous lisons la parabole dans le cadre d’un jugement unique, à la fin des temps. Le jugement inaugure un nouveau temps, soit une « nouvelle année » avec toute son espérance.
Le jugement demeure. Parmi les hommes, il y a des « rebuts de l’humanité ». On a créé l’expression de « mal absolu ». Des cas semblent échapper à la notion du pardon. Des psychologues conseillent d’ailleurs de ne pas pardonner trop vite, d’attendre que le fautif ait réellement pris conscience de ses torts et qu’il veuille les réparer. Des criminels manifestent un réel manque d’empathie par rapport à leurs victimes et leurs familles. Le jugement est là pour nous rappeler que nous ne vivons pas dans un éden, dans l’insouciance et le manque de responsabilité. Condamner est un acte nécessaire, même pour fonder le royaume de Dieu.
16:45 Écrit par Tour de Babel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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Laissez-les croître ensemble

Le maître prend là une décision normale : arracher l’ivraie pendant sa croissance, c’est courir le risque d’arracher aussi le blé et de ne laisser aucune chance à la moisson. C’est aussi piétiner le bon blé par son simple passage. Rien d’anormal dans cette réponse. Alors pourquoi en parler ? Si cette pratique est bien comprise dans les milieux agricoles, elle ne l’est pas toujours quand il s’agit d’une collectivité humaine. Toute société démocratique doit mettre à l’écart, en prison, un certain nombre de personnes dangereuses pour la société. Dans des communautés privées, l’éjection d’un membre se fera quelquefois beaucoup plus rapidement. Comment doit agir une communauté religieuse ? On a reproché aux récentes Journées mondiales de la jeunesse catholique de ne pas avoir abordé un certain nombre de sujets brûlants. On attend les positions du nouveau pape : seront-elles les mêmes que sous sa précédente charge, sous le pontificat de Jean-Paul II ? A quel moment l’Eglise doit-elle abandonner le message du pardon pour celui de la loi et du jugement ? L’attitude du maître de la parabole nous guide : laisser faire jusqu’à la moisson, c’est donner du temps à la patience, à l’espérance que le blé sera assez fort pour prendre le dessus sur l’ivraie. Ne pas intervenir intempestivement.
16:45 Écrit par Tour de Babel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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« Un ennemi, un homme a fait cela ».

Notons tout d’abord que « un homme » donné par Chouraqui n’est pas repris dans les traductions habituelles. L’ennemi est généralement considéré comme Satan.
Réagirions-nous de la même manière que le maître? Parce qu’il y a de la mauvaise herbe dans le champ, vais-je accuser un « ennemi » qui me veut du mal ? Certains me prendraient pour un paranoïaque ! La sélection des graines a toujours préoccupé les cultivateurs. Certes à l’époque de Jésus, on ne possédait pas les moyens modernes ni le recours aux OGM… De nombreux contes citent le tri des céréales comme épreuve réservée aux femmes. Les fourmis viennent souvent les aider dans cette tâche particulièrement ingrate.
Outre la sélection des graines avant les semailles, je dois aussi considérer que mon champ n’est pas protégé des vents qui portent les mauvaises semences et les déposent aléatoirement. A l’époque de Jésus, pas de pesticides sélectifs… Il peut y avoir plus de mauvaises herbes une année qu’une autre… et leur abondance peut m’amener à prendre une décision différente de mes petites habitudes.
Mais cet « aléatoirement » est-il possible aux yeux de Dieu ? Il fait pleuvoir sur les bons et sur les mauvais… La pluie étant évidemment considérée dans ce cas comme un bénéfice. Dieu permettrait-il que le malheur atteigne autant les bons que les mauvais ? Son intention n’est certes pas de répandre le mal. Celui-ci trouve son origine autre part. Dans le cœur des hommes, par exemple. Pour une version plus proche du texte, imaginons une sélection pas assez rigoureuse, une exposition du champ trop importante aux vents parce qu’on ne l’a pas entouré de haies protectrices. Ces hommes travaillent au sein de la coopérative « dieu ». Leur travail ne peut empêcher les mauvaises herbes de se répandre au sein du champ dont ils ont la responsabilité. Le mal est surtout compris comme extérieur à la volonté du maître et de ses tenanciers, c’est ce qu’il veut affirmer dans sa réponse « un ennemi a fait cela ».
16:43 Écrit par Tour de Babel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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Une histoire de semailles et de moisson

Il dit:
« Le royaume des ciels est semblable à un homme qui sème une belle semence dans son champ. Quand les hommes dorment, son ennemi vient, sème des zizanies dans son champ et s’en va. Quand le blé germe et produit son fruit, alors les zizanies apparaissent aussi. Les serviteurs du patron s’approchent et lui disent: ‹ Adôn, n’as-tu pas semé de la belle semence dans ton champ ? D’où viennent-elles donc les zizanies ? › Il leur dit: ‹ Un ennemi, un homme a fait cela. › Les serviteurs lui disent: ‹ Veux-tu que nous allions les ramasser ? › Il dit: ‹ Non, vous risqueriez, en ramassant les zizanies, de déraciner en même temps le blé. Laissez-les croître ensemble tous les deux jusqu’à la moisson. Au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs: Ramassez d’abord les zizanies. Liez-les en bottes pour les brûler. Quant au blé, rassemblez-le dans ma grange ›. » (Matthieu 13/24-30 ; repris de la version Chouraqui)
Adon = Seigneur
Zizanie = mauvaise herbe, ivraie (traduction habituelle)
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18.08.2005
Frère Roger et Benoît XVI

Joseph Ratzinger, le futur pape Benoît XVI, avait donné la communion à Frère Roger lors des funérailles de Jean-Paul II. Un geste rempli d’une grande symbolique : le cardinal avait toujours été très opposé à donner la communion à ceux qui n’étaient pas « en ordre » : divorcés remariés, protestants, … Une ouverture peut-être…
18:24 Écrit par Tour de Babel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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Libérer le fond de bonté

A l’adresse suivante http://ipx11645.ipxserver.de/fr_article879.html vous trouverez un entretien de Frère Roger avec le philosophe Paul Ricoeur décédé récemment : libérer le fond de bonté.
18:23 Écrit par Tour de Babel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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Lettre de Taizé 1999-2001
« Et si nous manquions l’heure des réconciliations ? Sans réconciliation, quel avenir y a-t-il pour cette unique communion d’amour qui s’appelle l’Eglise ? […] L’oecuménisme s’immobilise quand il laisse se créer des voies parallèles qui, par ce fait même, ne peuvent se rejoindre et sur lesquelles finissent par s’user les forces vives de l’appel à la réconciliation. »
Frère Roger
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